Rachida Dati a prêté serment ce mercredi 17 février au parquet de Paris… L’ancienne ministre ne possède pourtant aucun diplôme d’avocat. Sur ce plan, on pourrait même dire que ce n’est pas brillant: Deux premières années de médecine infructueuses, un DEUG en trois ans, une maîtrise de droit public avec mention passable, et encore, sur validation des acquis professionnels uniquement [1]. Rachida ne pouvait résolument pas compter sur son CV pour devenir avocate. Elle a simplement profité d’un régime dérogatoire institué par le décret du 27 novembre 1991, applicable aux juristes, notaires, hauts fonctionnaires… sous couvert de présenter un minimum de culture juridique. Mais ici encore, le parcours ne fut pas simple, car la demande de Rachida s’est faite invalider plusieurs fois par le conseil de l’ordre des avocats: Dernier accroc en date, l’ancienne ministre a du reporter sa nomination il y a un mois pour cause d’incompatibilité avec sa société de conseil qu’il lui a fallu dissoudre… Un minimum de culture juridique disions nous? Tout est relatif, la connaissance des règles d’accession au statut d’avocat ne doit pas être intégrée dans ce minimum?

Il est courant de concilier statuts d’avocat et d’élu. Jean François Copé, Dominique De Villepin et Noël Mammère en sont les parfaits exemples. Mais cela peut parfois impliquer quelques connivences douteuses. Un exemple? 18 juin 2009: Le parlement adopte une loi relative à la fusion des caisses d’Epargne et des banques populaires [2]. Jean François Copé, président d’un groupe UMP archi-majoritaire, exerce justement des fonctions d’avocat auprès du cabinet Gide Loyrette et Nouel [3]. Sauf que ce même cabinet est également mandaté par les caisses d’épargne pour une mission de conseil dans ce dossier [4]. Cherchez l’erreur… Si le métier d’avocat est si prisé auprès de nos députés (ceci en concerne approximativement 40), c’est que, outre assurer une porte de sortie confortable en cas de revers politique, c’est parfois une position politique centrale qui en découle, vous devenez incontournable sur certains dossiers…
Rachida Dati en a bien besoin, le parlement européen comme le conseil de Paris l’ennuient terriblement. Elle veut revenir auprès de Nicolas Sarkozy en 2012, et pour recouvrer l’approbation de celui même qui l’a évincé, Rachida n’a d’autre alternative que de recourir à la stratégie. Peut être un doux rêve, une pure illusion, car le chef de l’état est d’un genre plutot rancunier. Ne noircissons cependant pas trop le tableau… Mercredi dernier, Rachida a eu le droit à un peu de bonheur. L’événement a été couvert par des hordes de journalistes, plaçant l’ancienne ministres sous les feux de la rampe, comme au bon vieux temps, l’espace d’un temps… Et ça, c’est bon pour le moral de Rachida… C’est déja ça…
{1] Rachida Dati – Wikipedia [2] Loi n° 2009-715 du 18 juin 2009 relative à l’organe central des caisses d’épargne et des banques populaires – assemblée-nationale.fr [3] Les avocats recrutent de plus en plus chez les politiques – Le point.fr [4] Communiqué de presse du 27 février 2009 – Gide Loyrette Nouel




