Quelle est selon vous la durée de vie normale d’un ordinateur portable? Un an? Deux ans? Dix ans? Si on se réfère aux dires d’un constructeur comme Hewlett Packard, 2 ans pour plus une machine entre 800 et 1200€, c’est déjà pas mal! Balivernes? Telle est pourtant la réponse entendue par plusieurs consommateurs en contactant leur service après vente suite à une panne prématurée de leur machine. Pour mémoire, HP a innondé le marché de portables équipés de puces Nvidia ayant la fâcheuse tendance de tomber en panne durant les deux premières années (les séries pavilion dv2xxx, dv6xxx et dv9xxx notamment). Le problème n’est pas nouveau, il a été publiquement été découvert en juillet 2008, mais justement, pour des machines vendues à cette époque, c’est souvent maintenant qu’apparaissent les défaillances. Certes, HP prétendra avoir honorablement traité le problème puisqu’une garantie de deux ans est « gracieusement » offerte pour les machines concernées, sauf que…
CityLop propose depuis le mois de mars 2010 aux utilisateurs ayant fait l’expérience d’une panne, quelle qu’elle soit, de décrire leur problème au travers d’un appel à témoins. Et quoi qu’en dise HP, les défaillances liées à la carte vidéo Nvidia sont ultra majoritaires, et concernent un spectre de machines bien plus larges que ce que veut bien admettre l’industriel. Et lorsque HP propose un « geste commercial », que dire d’une réparation non fiable, puisqu’il semble que le constructeur remplace alors une carte mère endommagée par une carte présentant le même vice caché. Comment expliquer autrement les pannes à répétition décrites par de nombreux consommateurs? N’en restant pas là, la démagogie d’HP n’en saurait être affectée, une réparation payante d’un peu plus de 400€ est parfois proposée à des clients ne pouvant bénéficier de cette généreuse garantie renforcée. Réparation aussi peu fiable il va sans dire! Simplement scandaleux…
L’appel à témoins de CityLop n’est qu’une première étape. Face à une multinationale telle HP dont le seule désir, bien éloigné de la satisfaction du client lésé, semble plutôt être de maximiser ses profits (c’est dans l’ère du temps me direz vous), il est important que les consommateurs puissent s’organiser. Une première manifestation virtuelle a été proposée le 9 juin 2010 sur les forums d’Hewlett Packard. Acte futile? Pure perte d’énergie que d’exprimer ainsi sa colère? Pas si sur…
La mobilisation fut au rendez vous, l’occasion d’établir un début de rapport de force, de se faire entendre, au plus haut niveau des dirigeant d’Hewlett Packard d’une part d’une part, mais aussi et surtout par la presse et trois articles sont depuis parus:
- HP en bisbille avec ses clients victimes de pannes à répétition (01net)
- HP en litige avec ses clients dont les portables sont victimes de pannes à répétition (PCWorld)
- Dell, HP et Sony ont de gros soucis avec leurs PC (Les Numériques)
Si HP refuse de reconnaitre les vices cachés affectant certains de ses matériels, deux options sont possibles: La recherche d’une solution à l’amiable, et la judiciarisation du dossier. Cette seconde option ne doit intervenir qu’en dernier recours, lorsque les deux parties ne parviennent pas à s’entendre. Mais dans le cas présent, HP a bien compris que peu de consommateurs iraient jusqu’à là. La démarche intimide, la procédure nécessite patience et persévérance, et la loi est trop souvent méconnue. Malgré cela, face à l’impossibilité de négocier à l’amiable, de nombreux consommateurs ont déjà entamé une démarche judiciaire profitant des simplifications administratives offertes par la juridiction de proximité.
Dans ce contexte, une médiatisation du dossier ne peut que servir les consommateurs. Si certains produits HP sont de mauvaise qualité, si un consommateur isolé ayant fait l’expérience d’une panne prématurée n’obtient pour seule réponse que mépris et indécence, des consommateurs réunis et organisés seront là pour rappeler à Hewlett Packard qu’une multinationale n’est pas au dessus des lois.
Tout ceci n’est qu’une première étape. Nous exigeons à présent de la part d’Hewlett Packard une reconnaissance des vices cachés affectant de nombreuses séries d’ordinateurs portables de la gamme Pavilion, et propose enfin une solution acceptable, autre qu’une simple réparation non fiable. La balle est à présent dans le camp des cadres d’HP, et si la politique du déni a jusqu’à présent été efficace face à des consommateurs désorganisés, les choses ont changé. Nous ne nous en arrêterons pas là, nous serons de plus en plus nombreux, visibles, et organisés. Ceci est un avertissement… Chers dirigeants d’Hewlett Packard, vous avez le choix… Soit vous assumez enfin vos erreurs, soit nous vous contraindrons à le faire…





