Et si nous avions une bande de bouffons à la tête de ce pays? Après le feuilleton de l’été sur fond d’affaire Woerth et mamie Zinzin en guise de feuilleton de l’été, voici maintenant venir le temps des gentils ministres en vacances chez leurs bienveillants amis dictateurs!
Au tout début, ce n’était que l’histoire d’une ministre des affaires étrangères gaffeuse: Proposer les forces de l’ordre françaises à un dictateur sur le bord du déclin n’était probablement pas la meilleure chose à faire! A ce stade, il eut encore été possible de la bâillonner, mais c’était avant de comprendre que si Alliot Marie tenait tant à préserver Ben Ali, c’était parce qu’elle adorait y passer ses vacances, en compagnie de plein de copains, des potes du dictateur, avec des avions et tout et tout! Et là, elle a carrément commencé à bugger, notre ministre. Elle d’accoutumée si posée, limite psychorigide… Elle a bien tenté de se justifier, mais avec pour seul résultat la production de bouffonneries en série. c’était plus fort qu’elle. Ça, elle s’est bien enlisée, jour après jour, et jusqu’au cou s’il vous plaît! Alors voila, on s’en doutait depuis quelques temps, les choses sont désormais claires: Nous sommes gouvernés par une bande de clowns!

Le pire dans cette histoire est qu’il s’en est fallu de peu pour qu’elle ne perde sa place! Mais Fillon est venu à sa rescousse. Un énergumène qui ne sait pas faire les choses à moitié, défendre MAM face à une horde de députés gauchistes surexcités n’aurait été suffisant, il a fallu apprendre que lui aussi avait ses copains dictateurs, que lui aussi jouissait d’excursions à l’œil en avion… Et là, ça nous l’a bien énervé le président, parce qu’on ne peut se débarrasser d’un ministre UMP qu’une fois sa sale besogne achevée, lorsqu’il a bien touché le fond et perdu toute crédibilité, ainsi va la vie des fusibles politiques. En son temps, Woert ne pouvait sauter malgré la tempête Bettencourt tant que le système des retraites lui survivrait! Il n’en est pas de même pour Alliot Marie, son unique justification en tant que ministre consiste à préserver les susceptibilités de son petit club gaulliste au sein de l’UMP. Une simple fonction d’ambassadrice aisée à remplacer. Mais depuis que Fillon a lui aussi rejoint la danse, les choses ont changées. Si l’utilité d’Alliot Marie est toute relative au sein de ce gouvernement, le premier ministre est celui qui doit tenir jusqu’au bout. Et si Nicolas Sarkozy décide de se séparer de MAM, il lui sera bien difficile de sauver la tête de son fidèle des fidèles. Laissons donc les médias déblatérer, les blogueurs gamberger, et les alcooliques de comptoir vomir sur leur gouvernement, les choses finiront bien par se calmer. Tout finit toujours par se calmer!

De quels crimes sont coupables Michèle Alliot Marie et François Fillon? Copinage avec dictateur en dehors du temps de travail? Bien sur que non, il en a toujours été ainsi! La frontière entre vies privée et publique est plutôt tenue lorsqu’on est un politique de premier plan. Partir en vacances à l’étranger, c’est avant tout un acte diplomatique, un ministre ne quitte jamais totalement sa fonction (en déplaise à Madame Alliot Marie), même en vacances à l’autre bout de la planète, il conserve une fonction de représentation. Imaginez un instant que notre premier ministre eut décidé passer ses vacances de noël aux Etats Unis, une controverse serait-elle née d’une hypothétique invitation officielle à diner à la maison blanche? Les médias auraient plutôt exhibé cette information avec la fierté du coq chantant sur son tas de fumier! Et puis, lorsqu’au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy lui même décidait de se retirer quelques jours sur le fastueux yacht de son copain Bolloré, on avait bien parlé de message maladroit adressé à son électorat, mais aucunement de scandale à la limite de l’affaire d’Etat. Personne non plus ne s’était ému de voir le président passer ses vacances de noël en 2007 sur les rives du Nil, avec encore une fois un avion de la flotte Bolloré pour assurer ses déplacements (cela vous rappelle quelque chose)? Aucune indécence non plus à voir en son temps Jacques Chirac se prélasser nu sur le balcon du fort de Brégançon au frais du contribuable français. L’innovation au pouvoir, ce n’est pas la marque de fabrique de Sarkozy, ces vacances gratuites n’échappent pas à la règle.
Tous ont déjà succombé au pot de confiture, alors pourquoi tant d’acharnement sur nos ministre Alliot Marie et Fillon? Rien de plus qu’une frénésie médiatique destinée à déstabiliser l’ensemble du gouvernement avec en ligne de mire le big boss, Nicolas Sarkozy lui même! Si la relation entre les médias et notre président ont débuté il y a 4 ans sur le ton de la fascination, la lune de miel est bel et bien finie. Les journalistes n’ont pas digéré certaines maladresses du présidents à leur égard, ils constituent aujourd’hui le fer de lance de la contestation antisarkoziste. Du pain béni pour les partis d’opposition qui, faute de projet, se jettent sur l’os tels des charognards en manque de viande fraiche.
Et pourtant, il aurait été digne pour Michèle Alliot Marie de poser sa démission. Ce n’est pas tant le fait de passer des vacances au frais des complices d’un pouvoir oppresseur qui pose problème, chacun est libre de choisir ses amis, à chacun sa conscience et ses liaisons dangereuses. Mais ici, c’est surtout une succession de gourdes à répétition dans la gestion de crise qui pose problème: Préparation de caisses de gaz lacrymogène à l’intention de dictateur dans la tourmente, proposition de soutien armé, déni de révolution, d’amitiés douteuses, justifications en pagaille oscillant entre « j’ai rien fait de mal » et « promis, j’le referai plus » pour enfin admettre il y a quelques jours que la communication n’était pas son fort (il était temps), MAM s’est totalement décrédibilisée, elle en ressort affaiblie, ridiculisée, et cela ne peut être compatible avec le prestige qu’exige sa fonction ministérielle. Au regard de ceci, Fillon s’en sort plutôt bien, ses amitiés ne son certes pas plus louables, mais au moins sa défense a été honnête, directe, on peut ne pas y adhérer, mais il a assumé, lui!
Alliot Marie restera, le soldat Fillon l’a sauvée. Mais cette affaire laissera des traces, un sentiment de tous pourris dans cette république pourtant voulue irréprochable par Nicolas Sarkozy. Et au final, le vrai perdant de cette histoire ne serait-il pas Patrick Ollier, le compagnon de Michèle Alliot Marie, insignifiant ministre chargé des relations avec le parlement? Lui aussi a bénéficié des largesses de l’ami Aziz Miled… Mais lui, tout le monde s’en fout, humiliation suprême que cette indifférence absolue. Au moins, on sait désormais qui porte la culotte chez les Ollier-Marie, et pas n’importe quelle culotte s’il vous plait, la marque de frein au fond du slip s’impose!!!
En attendant, pour nous pauvres citoyens de la France d’en bas, l’heure est aux préparatifs de nos vacances d’hiver. Une semaine de ski aux Arcs ou à la Plagne? Quelle banalité affligeante. Non, il faut viser plus ahut! La France se revendique être une démocratie irréprochable? Réclamons plus d’égalité entre citoyens. Nos ministres privés de vacances à l’étranger, des chambres d’hôtel vont se libérer! Désir d’évasion au soleil? Profitez des billets gratuits que n’utiliseront plus les membres du gouvernement. Personnellement, l’Egypte me plait bien, un petit vol gratuit pour Abou-Simbel? Les bons plans de l’agence Cojetage me permettront moi aussi de profiter à l’œil de vacances ministérielles! Et vous? Préfèrerez vous en rire ou en pleurer?




