Peu d’entre nous peuvent se targuer d’une carrière aussi brillante que ne l’a été celle de Claude Allègre: prix Crafoord en 1986, médaille du d’or du CNRS en 1994, membre de l’académie des sciences française depuis 1995, ministre de l’éducation nationale de la recherche et de la technologie entre 1997 et 2000… Fort d’un tel bagage, lorsque Claude Allègre parle, c’est avec respect qu’il nous faut l’écouter.

11 novembre 1976 - Debat public C. Allegre A. TAZIEFF sur TF1

Débat public entre H. Tazieff et C. Allègre sur TF1 (11 novembre 1976)

Un exemple de la rigueur et qualité scientifique de cet homme? En 1976, alors directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), il préconise l’évacuation en urgence de 70000 personnes résidant à proximité du volcan de la soufrière en Guadeloupe [1]. L’heure est grave, les analyses de laboratoire prouvent l’imminence de nuées ardentes dévastatrices.  Mais Haroun Tazieff ne l’entend pas de cette oreille. Selon le vulcanologue est sa connaissance du terrain, l’éruption sera sans danger. La polémique défraie les chroniques, lles deux hommes s’affrontent, l’évacuation est ordonnée et H. Tazieff sera même contraint de démissionner de l’IPG (on ne blesse pas un Allègre dans son orgueil de supérieur hiérarchique). Et pourtant… Le volcan n’explosera jamais…  Claude Allègre ne sortira pas grandi de cette affaire car une fois la tempète passée, le conseil général de Guadeloupe apportera tout son soutien à H. Tazieff, lui organisant des meetings, allant même jusqu’à valider une pétition signée par 6000 guadeloupéens dans laquelle les exigences sont claires: On ne veut plus de Claude Allègre, la surveillance du volcan doit être exclusivement confiée à Haroun Tazieff.

Claude Allègre peut être autiste, trop fier de sa propre opinion pour se remettre en question. Nous ne parlerons pas de son passage éclair en politique où il réussira une nouvelle fois à se mettre tout le monde à dos, enseignants, chercheurs, amis politiques…  En matière de dégraisser le mammouth, il s’est  surtout dégraissé lui même  à coup de polémiques, déclarations maladroites, il ne peut pas s’en empêcher, c’est plus fort que lui.  N’ayant plus d’amis à gauche, il ne lui reste plus qu’à tenter sa chance auprès de l’UMP? Faisons lui confiance, le processus est engagé.

Mais claude Allègre s’ennuie… Gagner un peu d’argent, exister médiatiquement, se mettre de nouvelles personnes à dos, c’est tout ce qu’il demande… Ce n’est pourtant pas compliqué? Il l’a fait! Personne n’a pu échapper à la sortie de son dernier opus, « l’imposture climatique », disponible pour 19.90€ dans toutes les mauvaises librairies! Un coup d’éclat supplémentaire pour dénoncer une communauté internationale de climatologues selon lui rétrogrades. Une nouvelle fois seul contre tous, Claude Allègre revit. Le ridicule ne tue pas…

Claude allegre et la vache qui pète

Quand Claude Allègre se fait insulter de toutes part sur ses propos climato-sceptiques, sa défense est simple: Il n’est plus permis de contester le consensus international alarmiste en matière de climat, c’est selon lui la définition même d’un intégrisme. Mais Monsieur allègre se trompe, car le scepticisme et la contestation sont deux éléments fondamentaux dans toute démarche scientifique. Aussi vaste soit le concensus sur le réchauffement climatique, ce n’est là qu’une théorie, mais une théorie établie de manière scientifique, rigoureuse, par des recherches ayant débouché sur de nombreuses publications, elles même confrontées à l’ensemble de la communauté scientifique, débattues, contestées… Telle est la logique de toute démarche scientifique sérieuse. Mais comme pour toute théorie, la contestation n’est pas interdite, bien au contraire, c’est ainsi que la science progresse.

Mais Monsieur Allègre n’aborde aucunement son livre selon cette rigueur scientifique. Il décrète de manière unilatérale détenir la vérité (la vanité est peut être son plus grand défaut), il se permet de réinterpréter les conclusions de certains articles scientifiques, redessine des graphes à la main, commet des erreurs [2]. Cette démarche est tout simplement malhonnête, arriviste, opportuniste, ridicule…  Ne voyez dans ce livre que le désir d’enrichir sa fortune personnelle, un coup de pub très éloigné de la rigueur et l’objectivité nécessaires à la science…

Et si des centaines de chercheurs se liguent contre Monsieur Allègre, c’est qu’il en jouirait presque! Fort de cet orgasme, sa nouvelle lubie semble désormais de créer sa propre fondation « Ecologie d’Avenir » [3] (n’y voyez aucun lien avec le « Désir d’Avenir » de Ségolène Royal, ils sont tous deux officiellement fâchés). Le but serait de rapprocher scientifiques et industriels, les premiers sur la liste se nommant Alstom, EDF, GDF-Suez, cherchez l’erreur… Connaissant le climato-scepticisme de Monsieur Allègre, présageons qu’il instrumentalisera son nouveau jouet dans la décrédibilisation des mouvances environnementales ainsi que la dérégulation du principe de précaution. Peut-être  est ce à quoi il pense le matin en se rasant: enterrer le grenelle de l’environnement en échange d’une place au gouvernement? Ce sera pas pire que Pécresse dans tous les cas…

Les mois prochains seront très instructifs sur les réelles intentions de Claude Allègre. Mais en attendant, entendons nous bien: Ce monsieur est un clown, un affabulateur, inutile agitateur dans des combats qui ne servent que sa cause. Alors sont livre, ne l’achetez pas… Si c’est déjà fait, ne l’oubliez pas avec vous cet été en camping, ce sera toujours utile en cas de pénurie de papier hygiénique… Et si par hasard vous le voyez invité sur un plateau télévision, zappez! C’est la seule manière de lutter efficacement contre des parasites…

[1] A propos de la polémique de Soufrière 1976 (IPGP)
[2] Quand Claude Allègre réinvente le climat (l’Express.fr)
[3]  Claude Allègre lance Ecologie d’Avenir (Youhpil.fr)

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